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Chroniques
de "Spit" :
Dans Hard n' heavy de janvier 2000 :
Note : 3/5
Plus couillues que L7, plus metal que les
Lunachicks, et moins branchées par les miches de Tony Lommi que Drain,
ces jeunes filles, âgées entre 16 et 18 ans (!) seulement, ont
visiblement pas mal d'idées déjà très arrêtées
sur les vils mâles que nous sommes. Avec des titres comme "Do you think
I'm a whore ?" ou "Get off (you can eat a dick)" et surtout avec un metal très
appuyé, ces petites sont sûrement plus burnées que la majorités
d'entre nous ! Entre l'agressivité brute d'Alice in chains et le côté
frondeur de la nouvelle école du néo-metal US (les Deftones en
tête), cet album mis en beauté par les petits doigts tout boudinés
de GGGarth (Rage against the machine, The melvins...) est furieux d'un bout
à l'autre. Concis (on dépasse rarement les 2 minutes au compteur)
et rentre-dedans (les exemples, comme les fantastiques "Brackish" ou "Charlotte",
sont multiples), cet uppercut prouve que la colère la plus féroce
est peut-être la plus juvénile. "Girls just want to have fun" chantait
une certaine gourdasse permanentée ?! Mon oeil !
Dans Rock sound d'avril 2000 :
Note : 4/5,
classé album du mois
Pendant que leurs copines essaient de fumer
sans tousser en écoutant le dernier Lou Bega, les quatre minettes de
Kittie (16 ans d'âge moyen) prennent leurs instruments et font du bruit.
Et, tant qu'à faire, elles se font un look remarquable, on en dira pas
plus, et se font signer sur une major. Nous voilà donc avec "Spit" entre
les mains, ne sachant trop à quoi s'attendre. Le résultat tient
la route, même si réside cette sensation que chaque riff, chaque
titre à déjà été fait avant. Dès l'écoute
du premier titre, "Spit", on ne peut s'empêcher de sourire. Les riffs
de grattes seraient absolument mortels si Korn, Deftones ou Sepultura n'avaient
pas eu la bonne idée d'exister. Et autre problème, la chanteuse
Morgan a beau être dotée d'un joli brin de voix à la Almee
Echo sur les parties mélodiques, elle a beaucoup de mal à crier.
Pourtant, elle le fait, mais les vocaux hardcore ne fonctionnent pas et la miss
s'époumone, cherche son souffle et rien de retournant ne sort. On la
sent malgré tout assez influencée par le grand Max Cavalera. Mais
on ne trouve pas la puissance d'un Human waste project ou d'un Tura satana.
Des titres aussi évocateurs que "Suck", "Do you think I'm a whore", "Brackish",
"Get off (you can eat a dick)" ou "Choke" sont bien loin des préoccupations
de toutes les jeunes filles de leur âge et feraient passer Kathleen Hanna
pour une grand-mère. Mais, on l'a compris, les Kittie ne jouent pas dans
la catégorie riot grrrl. Leur truc, c'est le metal, et Static-X, System
of a down, Orgy, Slipknot, Napalm death font partie des principaux remerciés
dans le livret du skeud. Ce n'est guère dans nos habitudes de citer les
remerciements qu'on lit dans les albums, mais ce n'est pas très courant
à 16 ans de faire partie intégrante d'une telle famille musicale.
On attend en tout cas de voir les donzelles sur scène prochainement.
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Dans Rock sound d' avril 2000 :
Kittie ? Des meufs qui font
du metal ? Ben oui ! Et pas du plus mauvais. C'est à Bristol, le 4 mars
que nous avions rendez-vous avec les 4 adolescentes les plus enviées
du moment puisqu'elles peuvent se vanter d'avoir tournées avec Slipknot,
Will haven et Sevendust depuis le début de cette année 2000. Les
belles posent le pied sur le vieux continent puisqu'elles remettent ça
avec les 9 masqués au pays du pudding. Il est 4 heures de l'après-midi
quand les quatre minois fatigués de Morgan, Fallon, Talena et Mercedes
sortent de leur tour-bus pour s'engouffrer dans la "Anson room" petite salle
installé dans l'université de Bristol. Emmenées par les
parents de Morgan et Mercedes, le petit groupe, à peine entré
dans le hall de la salle signe quelques autographes. les seuls mots que nous
adressera aujourd'hui Mercedes, la batteuse, seront "Où sont les toilettes
?". Elle rejoindra vite ses 3 consoeurs qui, à peine installées
dans leurs loges, sont déjà en interview. On en profite pour aller
mater la balance de Slipknot en attendant que les miss viennent se faire photographier.
Une demi-heure plus tard, les quatre jeunes filles rieuses emmenées par
Morgan, leur chanteuse un brin fofolle, arrivent. Elles paraissent très
à l'aise au milieu de la horde slipknotienne. Roadies et backliners défilent,
tentant de les déconcerter mais les filles apprivoisent carrément
bien l'objectif. Mais bon, trêve de bavardages, c'est bien pour ce groupe
que nous sommes ici et maintenant.
Avec un look trash super mimi, les miss (17
ans d'âge moyen) n'ont rien en commun avec leurs copines qui peuplent
les couves de magazines féminins. Et elles n'ont rien d'un groupe fabriqué
par une quelconque maison de disques comme certains médisants pourraient
le croire. Fallon, petite guitariste au cheveux rouges et Morgan, grande chanteuse
filiforme nous en donnent la preuve : "Ça a commencé avec Mercedes
et moi" commence Fallon. "On s'est rencontré dans un cours de
gym. On a commencé toutes les deux, juste avec ma guitare et sa batterie.
Elle m'a demandé d'aller jouer dans sa cave, et Morgan, la soeur de Mercedes
venait nous voir souvent. On a commencé à écrire des chansons
toutes les trois, sans bassiste". Le fait est qu'il est quasiment impossible
d'extraire le moindre nom de groupe ou de musique ayant pu inspirer Kittie.
"On écoute beaucoup de choses différentes. Il n'y a pas vraiment
une influence principale qui nous a inspirés. C'est l'amour de la musique.
J'écoute de la pop, du metal très lourd, je passe d'un truc à
l'autre. A la base, on voulait juste s'amuser en faisant de la musique, s'exprimer",
raconte Morgan. Mais leur truc, aux Kittie, c'est le metal, et le concert donné
quelques heures plus tard nous prouvera qu'elles connaissent bien leur affaire.
Tiens, d'ailleurs les filles, racontez nous votre premier concert : "C'était
en février 98, c'était une sorte de concours entre groupes",
commence Morgan, "On a dû jouer devant 10 personnes qui étaient
tous bourrées. On a rien gagné du tout, ça n'avait rien
d'une success story. Mais pour nous c'était un tremplin. On a eu le courage
de monter sur une scène et ça nous a donné envie de recommencer
parce que c'était cool. C'était dans un club qui puait, mais c'était
cool. Avant de monter sur scène, j'étais terrifié. Je tremblais,
je transpirais. Mais, au fur et à mesure, ça m'est devenu plus
facile. C'est en recommençant et en continuant que je me suis améliorée".
Même si les miss ne sont pas encore
très connues chez nous - normal leur premier album "Spit" sort fin mars
- leur parcours devrai en faire rêver plus d'un puisqu'en un an, les choses
sont allées très vite pour Kittie. Tout a commencé avec
une signature sur Ng, label distribué par Artemis, lui-même distribué
par Epic et (ouf) donc par Sony music. Pas simple; mais on comprend que c'est
une aubaine pour nos jolies jeunes filles. Fallon explique le comment du pourquoi
: "On a joué dans un festival en 99. Un dirigeant de chez Ng était
là et a adoré notre show et voilà. En fait, il avait dû
recevoir notre cassette démo avant mais n'y avait pas prêté
attention. Je pense qu'on a juste eu la chance qu'il soit là ce jour-là,
sans ça, on aurait certainement pas signé". Après ça,
c'est le grand tourbillon qui emporte Kittie dans le chemin vers la gloire,
très vite : "Oui !" s'exclame Morgan, "on a joué ce show en mars
99, on a enregistré l'album en mai, on a signé en juin. Maintenant
on est en tournée, c'est fou !". Et tout ça à 17 ans, ça
peut en bouleverser plus d'un(e). Mais les Kittie gardent "les pieds sur
la tête et la terre froide" comme on dit en Islande, tout étant
conscientes de la chance qu'elles ont. "C'est assez déconcertant",
avoue Morgan, "On traverse l'océan et ici, en Europe, les gens savent
qui je suis, connaissent mon groupe et aiment ma musique. C'est la première
fois que je viens ici, c'est génial. On a dore ça, c'est cool.
Mais on essaie de rester nous- mêmes le plus possible, on parle aux fans.
On est pas habituées à se voir dans les mags et à être
traité comme des rock stars, parce que nous sommes normales".
Et la tournée de Slipknot, véritable
cerise sur le gâteau, a indéniablement apporté une grande
expérience de la route et du live au quatre jeunettes. Morgan l'affirme
: "Oh oui, ça nous donne de la pratique. Et je pense que nos shows
se sont améliorés, on est plus en symbiose, on sent plus de choses.
On est plus soudées que jamais aussi, du fait de se voir tous les jours".
Car cela ne fait pas moins de deux mois que Kittie est sur la route. Mais une
question brûle les lèvres, comment ont-elles obtenues la première
partie de Slipknot ? "Je pense qu'ils ont entendu parler de nous, je ne sais
pas trop comment ça c'est fait, c'est un coup de chance énorme.
Et ils croient en nous" répond Morgan. Tourner avec ce monstre à
neuf têtes ne doit pas être facile tous les jours pour ces fragiles
jeunes filles, enfin pas si fragiles que ça apparemment... "Ce sont
des gens supers, ils sont un peu farfelus, un peu étranges parfois
(rires). Ils sont comme nos grands frères, on se marre, ce sont de
bons amis, ils sont vraiment cools. Au début, on étaient effrayées,
intimidées", avoue Morgan. "A cause des masques !" lance Fallon.
"Ouais (sourire) mais on a découvert des gens normaux, comme
nous" poursuit Morgan. Même si Corey Taylor aime bien raconter des
bêtises, crier "Screw you hippies !" à tout bout de champ,
raconter qu'il arrive à faire monter sa voix grâce à quelque
chose qui serait arrivé à ses coucougnettes et s'essaie au français.
Bon, assez parlé de Slipknot. Il est bientôt l'heure pour Kittie
de monter sur scène.
19h45, la salle Anson est remplie. Les miss
peuvent investir la petite scène. Et là c'est la claque ! Le brutal
"Spit" met tout le public en appétit. Morgan épate par sa facilité
à occuper la place délicate de frontwoman. "Charlotte", "Do you
think I'm a whore", "Brackish", "Jonny", "Choke", "Raven", "Suck", "Paperdoll",
c'est un vrai régal de découvrir les titres du premier album de
Kittie, car c'est bien là que les titres prennent toute leur ampleur.
Pour peu, on en regretterait d'avoir écrit une chronique pas très
enthousiaste de "Spit". Mais le fait est que depuis mai 99, les Kittie ont énormément
progressé. Elles sont très à l'aise avec leurs instruments
et leur jeu de scène est très au point, chacune a son rôle
et le tient à merveille. Le son est vraiment irréprochable, et
les jeunes filles sont loin d'être de piètres musiciennes. Les
kids anglais ne s'y trompent d'ailleurs pas et se déchaînent réellement.
Et aux Etats-Unis, c'était comment ? "Le public était assez
réceptif. Il y avaient des gens qui nous connaissaient. Il était
très indulgent parce qu'on était le premier groupe à jouer"
explique Morgan. A Fallon d'ajouter : "Il y avait même des gens, avant
que l'album ne sorte, qui nous connaissaient et connaissaient certaines chansons".Français,
vous savez ce qu'il vous reste à faire !